Voici un court témoignage préparé pour l’ouverture du Colloque de l’Association québécoise de réadaptation psychosociale (AQRP). On m’a demandé de raconter en quatre minutes d’où je viens, par où je suis passée et vers où je me dirige!

Je l’ai partagé devant plusieurs centaines de personnes. OUF! Il me semble que bloguer… c’est moins stressant!

Le voici:

 

AVANT…

Avant de recevoir mon diagnostic de trouble bipolaire de type 2, j’ai eu le temps d’accomplir mon objectif de carrière, de rencontrer l’amour de ma vie et d’avoir un enfant.

Avant, je me levais aux aurores pour livrer les nouvelles régionales à TVA Trois-Rivières, j’enfilais les reportages et les longues journées de travail pour me tailler une place dans ce métier très compétitif. Je carburais au stress. Je brûlais les minutes, les heures et les journées.

Avant j’angoissais, seule chez moi. Je buvais pour calmer ma fougue, mon agressivité, je buvais pour dormir, pour me rendre au lendemain. Et le lendemain, j’étais au travail.

Avant c’était il y a maintenant 5 ans, j’ai plongé dans la dépression qui a mis au jour mon trouble bipolaire, mes troubles anxieux et mon alcoolisme.

PENDANT

Pendant la crise, j’ai souffert, j’ai perdu mes repères. Des hauts et des bas, j’étais étourdie, mon entourage aussi.

Pendant, j’ai été aidée, suivie, entourée.

C’est pendant que j’ai appris que je souffrais d’un trouble bipolaire de type 2.

Je me suis informée sur la maladie et j’ai suivi les recommandations de mon médecin.

APRÈS

Après, j’ai observé ce diagnostic sous toutes ses coutures. Je peux vous dire que je lui ai fait la vie dure, parce que j’ai tellement douté, avant de finalement l’accepter et de l’amadouer. J’ai appris à le connaître, à reconnaître les symptômes. J’ai vu ce que cette maladie pouvait faire de moi, et MOI je lui ai dit ce que moi je voulais faire d’elle. Ensemble, on s’est trouvé un terrain d’entente.

On ne peut pas négocier grand chose avec la bipolarité.  Je lui ai promis de cesser de boire, ce que j’ai fait.

Après, je lui ai laissé l’occasion de me varloper de hauts en  bas, le temps de prendre de l’expérience et d’arriver à l’a prendre de cours pour lui couper l’envie de recommencer.

Je lui ai dit que je respecterais certaines conditions :

-         Un horaire stable

-         Réduire le stress

-         Accepter les rechutes… pourvu qu’elles ne durent pas trop longtemps.

-         Je me suis engagée à prendre ma médication.

-         J’ai juré de l’écouter quand elle me dit d’aller au lit.

Pour y arriver, j’ai dû faire des choix, prendre des risques.

J’ai repris mon travail, mais j’ai réalisé qu’il n’était plus compatible avec le contrat que je venais de signer avec la bipolarité, je l’ai quitté.

J’ai créé une conférence destinée aux gens qui comme moi, ont des vies actives et qui composent avec des troubles de santé mentale. Informer c’est mon métier et ça demeure, selon moi la meilleure façon de sensibiliser la population.  J’ai décidé de raconter mon histoire pour démontrer qu’il est tout à fait possible de reprendre une vie équilibrée personnelle et professionnelle après un épisode difficile.

Je travaille à mon rythme. Mon employeur m’a proposé de revenir au bercail en me confiant la rédaction de nouvelles pour les médias sociaux. Un travail taillé sur mesure. Je travaille à partir de la maison. J’assouvis ainsi deux désirs : ma passion pour le journalisme et, avec mes conférences, mon désir d’être utile à la société.

J’en serai où dans un an, dans deux ans… Je ne sais pas. Faudra que ce soit dans le respect de ce contrat que j’ai signé avec elle.

Je sais par contre que je serai toujours aussi bien entourée de mon chum et de mon fils qui sont, est-ce que je vous l’ai dit? Ma motivation, le secret de ma réussite.