bouteilles

Pour un ami, je replonge dans des souvenirs douloureux. C’était avant mon chum et mon fils. Avant la dépression. Avant de savoir que je souffrais de bipolarité.

N’allez pas croire que je suis masochiste, mais je cherche à revisiter ma détresse juste le temps d’une p’tite jasette avec elle. Après, je reviens, c’est promis!

Je fais le saut 10 ans, 12 ans en arrière, bien avant que je ne cloue le bec à mes bouteilles de vin, à l’époque où je les collectionnais… vides. Qu’est-ce qu’elle faisait Julie avec un tire-bouchon dans la main, chaque soir? Ne lui demandez pas, elle ne le sait pas. Est-ce qu’elle souffre? Ne lui dites surtout pas. Elle, elle croit qu’elle bûche.

Son vin, c’est son réconfort, sa récompense. Elle n’en est pas dépendante, elle le mérite.

Les doigts qui picotent, la mâchoire figée et les sens au ralenti, Julie peut aller se coucher.

La nuit est houleuse et le réveil est brumeux.  

Julie est dépendante. L’idée de se priver devient insupportable. Julie est secrète. Qui l’a croirait aussi addict. Ne lui collez surtout pas une étiquette. La dépendance, c’est pour les drogués et les alcooliques. Elle ne fait pas partie du groupe.

Elle est anxieuse, mais elle n’en connaît pas l’ampleur. Elle est malheureuse, mais elle ignore à quel point. Elle souffre, mais vous n’arriverez jamais à le lui faire avouer.

Si j’avais à réellement lui rendre visite aujourd’hui, je ne pourrais pas tout lui expliquer, mais je la regarderais avec bienveillance. J’oserais lui dire que tout ira bien, avant de rentrer chez moi.

Je ne me suis pas éternisée sur le pas de mon ancienne porte, juste assez pour récupérer des souvenirs qui m’aideront à soutenir mon ami…

Vous me lirez encore sur le sujet, mes souvenirs revisités m’inspirent.