Si on m’avait dit qu’un jour j’allais y remettre les pieds. Pas pour une visite de courtoisie, mais pour y travailler, à nouveau. Je croyais avoir fait le tour du jardin. Mais non, il me restait encore quelques plates-bandes à entretenir. Une fois la mauvaise herbe enlevée, on voit souvent
plus clair.

Si on m’avait dit, il y a 10 ans, que je travaillerais dans l’ombre, sans micro, sans maquillage et sans caméra. Ouf! Jamais!!! Comment communiquer autrement? « Quand j’aurai 40 ans! », que je me disais.


Il aura fallu toute une décennie avant que j’envisage de déposer les armes. J’ai quitté sans fracas, par choix. J’y reviens en douceur, par choix.


À 20 ans, je rêvais d’y travailler, à 23, j’y ai fait mon entrée, un pari de gagné. J’ai tellement tripé!


Cette semaine, j’ai fait le tour de mes archives. J’ai fouillé dans les vieilles cassettes, des vieux topos de 2002 à 2010.

Qu’est ce que t’as vu Julie? Une Julie fringante, allumée et punchée, juste avant de voir apparaître sur pellicule une Julie essoufflée. J’ai entendu mon débit ralentir, mes yeux perdant peu à peu de leur brillance.  

Qu’est ce que ça t’as fait Julie? Non mais je savais déjà que ça roulait carré à la fin. Je m’étais déjà autoévaluée. J’ai un sens critique vous savez!

Oui, mais Julie, qu’est-ce que ça t’as fait? Ben… y a comme une p’tite boule qui a remonté.

Mes archives sont des pièces à conviction! Ma dépression est archivée. J’insère une cassette dans le lecteur et mes souvenirs se réinsèrent dans ma tête. Je me re-sens, comme je me sentais. Du désarroi.


Je me suis préparée, un p’tit montage, de moi, journaliste à TVA. Une preuve que j’ai bel et bien fait ce métier. Une petite vidéo que je présenterai durant mes conférences. Y a que moi qui vois l’ombre s’installer au
fil des années. Les autres y verront une journaliste accomplie.

J’ai compris pourquoi mes proches ont tant aimé la photo que j’ai prise pour présenter mes conférences. Y a comme un gros spot dans mes yeux. Le regard clair, libre.

julie grenon, conférencière


Depuis quelques semaines, quand j’entre à la station TVA à Trois-Rivières, je me sens bien. Je m’occupe maintenant du web. Surprise! J’adore ça.

Un collègue, m’a aidé à préparer mon montage, ça m’a touchée, vraiment. Merci, merci, merci! « C’est TVA qui fait ça pour toi,
Julie! » Moi je dis que c’est toi et les autres collègues qui incarnez toute l’ouverture et la compréhension qui fait défaut à trop de milieux de travail.