puitUn vieux puits, typique avec un petit toit en pignon, on imagine le seau qui pendouillait après une corde prête à descendre au fond du gouffre pour y puiser de l’eau fraîche. La manivelle n’y est plus et le trou
est condamné. Y a qu’une petite fente sur le couvercle scellé. Comme une tirelire dans laquelle on engouffre nos économies, un endroit où puiser des rêves.

Mon garçon et son amie s’y sont précipités, attirés comme un aimant. Curieux ils auraient voulu sonder la profondeur. « Un sou maman, on veut un sou! » Mon fils profite de chaque fontaine pour rêver et
souhaiter! Dos à la bassine, on lance en sous dans l’espoir… de voir son rêve devenir réalité.

Sachant très bien qu’il ne faut jamais révéler l’objet de nos désirs, à chaque fois, il ne peut s’empêcher de me tirer l’épaule pour me souffler son souhait à l’oreille.

Sa petite coquine d’amie, toute excitée n’avait pas encore lancé son penny qu’elle révélait les yeux brillants plongés dans le ciel qu’elle voulait partir… à l’AVENTURE!!!

« Chut chut, faut pas le dire. »

Qu’est-ce que l’aventure dans la tête d’une puce de 4 ans? J’aurais aimé m’immiscer dans son cœur et dans sa tête pour y voir des champs de fleurs ou une forêt enchantée, peut-être y aurais-je aperçu des lutins, des fées… des guimauves géantes? J’aimais l’idée. Je lui aurais fourni lampe de poche, boussole,
poudre magique et autres babioles. Des outils utiles à son expédition.

Normalement, faut pas le dire… Le souhait… il faut le garder pour soi. Suivez-vous toujours les règlements?

Ce qu’elle ignore encore, et c’est tant mieux, c’est que son aventure est déjà commencée. Vous devriez lui voir la bette : une face en surprise, des yeux curieux, expressifs qui s’illuminent en un claquement de doigts. La puce… elle est déjà douée pour le bonheur.



Que le puits leur donne un prétexte pour rêver et s’imaginer une vie digne des contes de Walt Disney, j’achète, peu importe les règlements.

C’est vrai qu’il devait être très profond ce puits, je n’y ai rien jeté moi. Pas besoin de savoir combien de temps il faudra à mon sou pour atteindre le fond, j’ai déjà vu.

Je songe à suivre un cours accéléré de soudure, juste ce qu’il faut pour apprendre à sceller définitivement le couvercle du puits. J’irais ensuite, avec mes deux moussaillons, plonger leur regard encore tout neuf dans n’importe quelle fontaine. Celles remplies de poissons en encore une où trône une statut , ou mieux encore, un jardin d’eau.


Ma seule consigne serait d’y voir un fond éclairé et lumineux.